Fresques, pochoirs et autres graffitis sont apparus sur les murs des villes depuis les années 1980. Parfois tolérés, ils restent généralement ressentis par les habitants et les pouvoirs publics comme une forme de dégradation de l’espace urbain [1]. Réalisée le plus souvent illicitement, cette forme d’expression picturale s’inscrit dans l’éphémère [2]. Les œuvres se dégradent au rythme de leur support et sont, en outre, assez rapidement recouvertes par d’autres graffitis souvent moins élaborés, ou sont effacées par les services municipaux.
Il n’en reste pas moins que ces formes artistiques participent à la réappropriation des tristes décors que nous habitons par notre créativité [3] et nos imaginations.
Illustration : Pochoir de MissTic (Paris).
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[1] Pour en savoir plus sur les différentes techniques de graffitis et l’évolution de la perception des “murs peints” par les pouvoirs publics à Paris, on pourra se référer à LIEBAUT Marie, Les murs ont la parole, Le Tigre n°2, mai 2007, pp. 46-51.
[2] « Les graffiti semblent faire partie de l’environnement urbain ordinaire, et ce depuis longtemps. Ils sont même consacrés comme partie prenante du patrimoine puisqu’il existe depuis 1987 un musée des graffiti qui expose des inscriptions s’étendant du Moyen Age au début du XXe siècle. […] Les inscriptions semblent exister dans une sorte d’instantanéité, de mystère et de vide social. » (extrait de VULBEAU Alain, Les tags, spectres de la jeunesse, Histoire d’une nouvelle pratique urbaine).
[3] « L’état de créativité fait l’artiste et non pas le musée. […] La poésie est ailleurs, dans les faits, dans l’évènement que l’on créé. La poésie des faits, qui a été de tout temps traitée marginalement, réintègre aujourd’hui le centre de tous les intérêts, la vie quotidienne qu’à vrai dire elle n’a jamais quittée. » (extrait de VANEIGEM Raoul, "Créativité, spontanéité et poésie", Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, Éditions Gallimard, 1967).